Les relations internationales de 1945 à 1953

  

 LES RELATIONS INTERNATIONALES DE 1945 A 1953 


 I) LES PREMIERES TENSIONS ENTRE LES DEUX GRANDS EN 1945 
 
A) Deux idéologies antagonistes 
 
La défaite de l’Allemagne en 1945 a laissé face à face deux géants aux systèmes radicalement opposés : la démocratie libérale aux E-U et la dictature communiste en URSS. Leurs valeurs sont inverses : liberté d’entreprise et démocratie parlementaire d’un côté, collectivisation, planification et totalitarisme de l’autre. Les EU ne pouvaient que mal s’accommoder avec un système communiste qui rejetait les fondements de la civilisation US, à savoir : la propriété, la famille et la religion. 
 
Staline est à l’apogée de sa puissance : 1er secrétaire du PCUS, il détient tous les pouvoirs. Staline est le “maréchalissime”, le “guide génial”. Il considère que certains territoires sont vitaux pour la sécurité de l’URSS. C’est l’idée de constituer un glacis sécuritaire autour de l’URSS, tant en Europe, en Asie qu’en Extrême-Orient. En fait, pour Staline, l’URSS a payé le plus lourd tribut de la guerre contre l’Allemagne, ses troupes sont très avancées en Europe, il compte bien imposer le communisme dans toutes ces régions. 
 
Une des préoccupations principales de Roosevelt à Yalta est d’amener l’URSS à s’engager à procéder à des élections libres dans les territoires libérés par l’Armée rouge (Europe de l’Est). Autre priorité pour les E-U : l’impératif libéral. Pour les Américains : il s’agit d’instaurer des démocraties libérales partout pour la paix, certes, mais aussi pour garantir la liberté des échanges si indispensables à la 1ère puissance économique d’alors (que concrétisent les accords du GATT en 1947).  
 
B) Des question territoriales non réglées en Europe 
 
- Concernant l’Allemagne 
 
En février 1945, à Yalta, les Alliés s’étaient mis d’accord sur l’occupation de Berlin, la dénazification et la démilitarisation de l’Allemagne. Les criminels de guerre seront jugés (procès de Nuremberg). A Potsdam (juillet-août 1945), les frontières orientales de l’Allemagne ont été provisoirement fixées sur la ligne Oder-Neisse mais pas acceptées par les occidentaux. L’ancien Reich est divisé en 4, de même que Berlin (et Vienne), et administré par les 4 en commun. On est donc dans le provisoire : il n’y a plus d’Etat allemand, et on n’est d’accord ni sur la forme que devra prendre son futur gouvernement, ni sur les frontières à instaurer. 
 
- Concernant la Pologne 
 
Pour la Pologne, deux différends insolubles exacerbent les divergences : 1/ La frontière sur l’Oder-Neisse n’est pas accepté par les Occidentaux et restera une frontière de fait, sans traité, pendant longtemps), 2/ La question du futur gouvernement : Staline voudrait imposer un régime prosoviétiques, alors que les occidentaux préfèreraient le gouvernement polonais en exil à Londres. 
 
C) La montée des tensions 
 
En dépit des accords signés, Staline avance ses pions en Europe de l’Est. Le but : favoriser partout le contrôle des pays voisins par des PC locaux. Dans les pays occupés, l’armée rouge a un comportement souverain. Elle intervient dans tous les domaines et n’hésite pas à faire pression par des exactions et des violences. Très tôt, les communistes s’assurent le contrôle des ministères les plus importants : armée, justice, intérieur. Une fois installé à ces postes-clés, il leur est facile de réorganiser, épurer et noyauter. Sous prétexte de dénazification, les communistes ont éliminé tous les anciens cadres pouvant s’opposer à eux en Europe de l’Est. La propagande se déchaîne : Staline se veut rassurant dans ses discours, il parle de démocratie. Les arrestations sont présentées comme justes, car certains menaceraient la démocratie. Peu à peu la situation se dramatise entre les deux Grands. L’entente laisse sa place à la méfiance. 
 
II) LA MISE EN PLACE DE LA GUERRE FROIDE 
 
A) Le durcissement de la politique US : la « doctrine Truman » du containment. 
 
En 1945, les EU veulent limiter leurs interventions extérieures comme ils l’ont toujours fait (isolationnisme). Ils rapatrient assez vite l’essentiel de leurs troupes, démobilisent une partie de l’armée, et laissent à leurs alliés européens le soin de contenir la poussée communiste. Or, affaiblie, l’Europe n’y parvient pas : les EU vont sentir la nécessité de venir les relever. En 1946, Truman semble persuadé que la conciliation est impossible. En 1945, Churchill lors d’un discours à Fulton aux USA parle pour la première fois d’un rideau de fer qui coupe l’Europe en deux. En 1947, Truman nomme le général Georges Marshall à la tête du Département d’Etat ce qui traduit la volonté de raidissement de la politique US vis à vis de l’URSS. 
 
En 1947, Truman décide de stopper la poussée communiste dans le monde. Cette “doctrine Truman” du containment (= endiguement) innove sur un point capital : pour la 1ère fois le président des E-U affirme publiquement que l’URSS constitue une menace. Il renonce à défier l’emprise de l’URSS sur son glacis : on estime qu’on ne peut plus rien pour les pays d’Europe de l’Est, mais Truman proclame son intention de la “contenir” et de lui fermer tous les pays encore non-soumis. C’est le début de la guerre froide.  
 
B) Le plan Marshall 
 
En 1945 les pays d’Europe de l’ouest sont exsangues, le déséquilibre commercial entre les E-U et une Europe qui manque de tout s’accroît dangereusement : avant la fin 1947, l’Europe aura dépensé ses derniers dollars. D’où un double danger :  
 
- les E-U risquent de se retrouver isolé dans leur prospérité dans un monde appauvri, d’où un risque de crise éco. aux E-U, 
- on est persuadé que la misère est le meilleur terreau de l’expansion communiste. 
 
En juin 1947, le nouveau secrétaire d’État américain propose une aide aux pays européens afin de lutter contre la misère qui risque de favoriser le communisme. Les E-U ont plusieurs buts : 
 
- politique : lutte contre communisme. Urgent car dans de nombreux pays de l’ouest (France, Italie, les PC sont forts et font des pressions, grèves, déstabilisations), 
- économique (les EU exportent beaucoup en Europe), 
- humanitaire (encourager la démocratie). 
 
Les Américains n’excluent pas l’URSS de l’aide mais celle-ci refuse catégoriquement. Le plan est accepté par 16 pays de l’Ouest. Il s’avère très intéressant : 85e dons, en nature surtout. En Europe de l’Ouest, l’OECE (Organisation européenne de coopération économique) est créé en 1948 pour répartir les aides.. 
 
C) La riposte soviétique : la doctrine Jdanov et la satellisation de l’Europe de l’Est 
 
Fin 1947, Jdanov, principal théoricien du PCUS (directeur de la propagande, bras droit de Staline), déclare que le monde est partagé en deux camps irréductibles : un camp impérialiste dirigé par les E-U et un camp démocratique et anti-impérialiste sous la direction de l’URSS. C’est la « doctrine Jdanov ». Le monde est devenu bipolaire.  
 
Octobre 1947, l’URSS crée le Kominform. C’est une administration chargée de coordonner les actions des PC européens. C’est un peu la réactivation de l’Internationale communiste. Son but réel est de renforcer le contrôle de l’URSS sur les PC européens. (Il sera dissous en 1956). Le Kominform place les PC européen dans la dépendance directe de Moscou. Au fil des pressions et élections arrangées, les PC l’emportent dans tous les pays de l’Europe de l’Est. La Tchécoslovaquie est l’un des derniers à tomber : en février 1948, le président Benès sous la pression des syndicats et de leurs milices, doit accepter un nouveau gouvernement communistes dirigé par Gottwald. Les élections, bien préparées, sont un triomphe pour le PCT. Ce coup de Prague crée une véritable psychose à l’ouest : “l’Europe à peur”. Entre 1946 et 1948, tous les pays d’Europe de l’Est deviennent ainsi des “démocraties populaires”, c’est-à-dire les pays dominés par un parti unique, le PC, à l’opposé d’une réelle démocratie. Seule la Yougoslavie menée par un chef prestigieux, Tito, parvient, non sans mal à s’extraire de la domination soviétique à la grande fureur de Staline. 
 
D) La guerre froide vécue à l’intérieur des blocs 
 
Aux USA, une véritable psychose anti-communiste s’installe : le Maccarthysme. C’est le temps de la “peur du rouge” et de la “chasse aux sorcières”. Partout, on traque et on juge les communistes, même jusqu’à Hollywood (Chaplin accusé d’être un rouge quitte les USA pour l’Europe). L’Amérique devient paranoïaque. Les époux Rosenberg sont accusés d’espionnage au profit de l’URSS et condamnés à la chaise électrique en 1953 avec des charges faibles. Finalement, les excès sont dénoncés et la surexcitation se tasse aussi vite qu’elle est venue... Autre signe du durcissement : la victoire d’Eisenhower en 1952 qui ne parle plus de “containment”, mais de “roll back” (faire reculer le communisme) et qui met au point sa « théorie des dominos ».  
 
En URSS, on assiste à un raidissement tout aussi spectaculaire : course à l’armement (1ère bombe A en 1949, 1ère bombe H en 1953) et accentuation de la répression et du culte de la personnalité. Tout est contrôlé, un seul journal autorisé (“la Pravda” : la Vérité). L’opposant politique Soljenitsyne est interné au goulag. L’art et l’enseignement sont plus que jamais contrôlés par l’Etat. De 1949 à 1952, deux vagues de procès épurent les PC est-européen.  
 
III) LE BRAS DE FER EST-OUEST. 
 
A) Le blocus de Berlin 
 
En 1945, le statut de l’Allemagne est précaire et instable. Ceci devait être provisoire, et il était prévu de réunifier les zones. En fait, la réunification ne sera pas possible à cause des comportements opposés des occupants dans leur zone respective : ils vont entreprendre la reconstruction de leurs zones de manière différente, rendant très difficile toute réunification par la suite, ceci dans un contexte de tensions croissantes. La question de l’Allemagne et de sa capitale Berlin va devenir pomme de discorde entre Américains et Soviétiques. Les 3 zones de Berlin-Ouest forment une enclave en pleine Allemagne de l’Est jugée intolérable par Staline. Ce dernier tente un coup de force en coupant tous les accès de la ville en 1948 (blocus). Les Américains, pour qui Berlin est déjà devenu un symbole et la vitrine du monde libre à l’Est réagissent immédiatement par un pont aérien. C’est l’échec pour Staline qui doit reculer et rouvrir les accès à la ville. En 1949, l’Allemagne éclate officiellement en deux avec la création de la RFA à l’Ouest et de la RDA à l’Est. Suite à cette crise, les USA créent en 1949 l’OTAN (traité militaire défensif entre les USA et les pays d’Europe de l’Ouest), inaugurant ainsi une véritable pactomanie qui atteindra son apogée au milieu des années 1950. 
 
 
B) La révolution populaire en Chine et la guerre de Corée. 
 
Une guerre civile oppose les Chinois entre-eux depuis les années 20 : conflit entre les communistes de Mao et les nationalistes de Tchang Kaï Tchek. En 1946 Mao l’emporte et fonde la République Populaire de Chine le 1er octobre 1949. Isolé, Mao va solliciter l’aide de Moscou et, dès 1950, un traité “d’amitié, d’alliances et d’assistance” est signé : la Chine s’engage sur la voie d’un socialisme à la soviétique. 
 
En juin 1950, la Corée du Nord procommuniste et soutenue par l’URSS et la Chine, attaque la Corée du Sud proaméricaine. Les USA apportent alors leur soutien aux sud-Coréens. Finalement, après trois ans de guerre, un traité de paix est signé à Pan Mun Jom en juillet 1953. Cette guerre de Corée a des conséquences importantes car elle dramatise la guerre froide. Elle va pousser à :  
 
- renforcer le contrôle de chaque bloc sur son camp, 
- augmenter les dépenses militaires, 
- pousser à la constitution de vastes réseaux d’alliances, 
- relancer le thème d’une défense commune en Europe. 
 

6 votes. Moyenne 3.33 sur 5.

Commentaires (1)

1. Bipolar Disorder (site web) 28/10/2012

I came across vincentgiraudet.e-monsite.com and i love it !
symptoms of bipolar disorder
muscular atrophy
rheumatoid arthritis

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site