Bush happens

Pat Bagley, Salt Lake Tribune, Utah, 2009 “Ce qui s’est passé sous Bush”

 

Ce  dessin de presse hautement satirique nous présente le bilan politique du président américain George Bush comme l’un des plus mauvais de toute l’histoire des Etats-Unis d’Amérique. Ce dernier, réfugié derrière sa tribune officielle apparaît ici comme le responsable impuissant d’un gigantesque cataclysme. Visiblement désolé, il hausse les épaules et semble s’en remettre à la fatalité à la manière d’un enfant incapable de mesurer la portée exacte de ses actes. A ses pieds, dans un amoncellement indescriptible, s’étale toute l’étendue des scandales et des échecs qui ont émargé les huit années de son mandat. 

 

Sa politique étrangère est d’une part largement évoquée avec la représentation en bas à gauche du dictateur communiste nord coréen Kim Jong Il en possession d’un arme atomique et dont le pays classé par les USA comme un Etat-voyou (Rogue state) nargue depuis des années le peuple américain en procédant régulièrement à des essais nucléaires et à des lancements de missiles balistiques au dessus du Pacifique.

 

Par ailleurs, le retrait en 2002 par George Bush du traité ABM « Anti-Balistic-Missile » signé à Moscou en 1972 inaugure une ère nouvelle. En effet, la remise en cause de ce traité qui interdisait jusqu’alors le déploiement d’un système global de défense antimissile sur le territoire américain autorise désormais les USA à protéger leur sol de toute menace atomique au moyen notamment de missiles anti-missiles et de satellites tueurs d’ICBM (Intercontinental Balistic Missiles). Une telle initiative ne manque évidemment pas de provoquer de nouvelles crispations avec l’ennemi d’hier, la Russie qui voit dans ce programme une forme de provocation tout autant qu’une menace contre sa propre sécurité intérieure.

 

La politique de lutte contre le fondamentalisme musulman est également largement illustrée ici avec un George Bush, incapable de mettre un terme aux agissements de la nébuleuse Al Qaeda dont les éléments actifs se réclament du milliardaire saoudien Oussama Ben Laden, l’orchestrateur présumé des attentats du 11 septembre 2001. Ce dernier, qui figure ici en possession d’une arme automatique, reste plus que jamais le leader charismatique de tous les groupuscules islamistes hostiles à l’Amérique. 

 

Le coût humain des opérations de guerre menées sous les ordres de l’administration Bush au Moyen Orient est par ailleurs dénoncé au moyen d’un cercueil drapé des couleurs de l’Amérique qui évoque le rapatriement des corps de milliers de soldats américains tombés sous le feu ennemi tant en Irak qu’en Afghanistan. La politique belliqueuse des faucons est par ailleurs lourdement soulignée par la présence aux côtés de George Bush du vice-président Dick Cheney connu pour s’être engagé activement en faveur d’une intervention militaire en Irak et qui apparaît ici en possession d’un seau de peinture Mud Brown, la couleur brune utilisée pour peindre les véhicules militaires engagés dans les opérations au Moyen Orient.

 

Sous George Bush, les USA semblent s’être affranchis de tout respect pour les droits de l’Homme pourtant si chers au peuple américain. Ainsi, on peut observer au milieu du champ de ruines la frêle allégorie de la justice éborgnée et chancelante, incapable d’apporter son secours aux prisonniers détenus dans les geôles de la prison d’Abu Ghraib en Irak ou encore de Guantanamo (base américaine installée à Cuba) où les droits de l’hommes sont alors régulièrement bafoués et où nombre de détenus soupçonnés de connivence avec les milieux islamistes subissent toutes sortes d’humiliations et de torture inacceptables pour l’opinion publique américaine.

 

En politique intérieure, plusieurs affaires sont mises ici au passif de la présidence Bush avec notamment les fraudes à grande échelle suivies de la faillite retentissante du géant gazier ENRON dirigé entre autre par Kenneth Lay dont la caricature figure au centre du document ainsi que le scandale des écoutes téléphoniques instaurées illégalement par George Bush après les attentats du 11 septembre 2001 en violation des droits civils et de la constitution américaine.

 

Enfin, la situation économique laissée par Bush est présentée comme désastreuse. C’est en effet à la fin de son second mandat qu’éclate la crise des subprimes qui va conduire l’économie mondiale au bord du gouffre avec dans un premier temps l’effondrement des valeurs bancaires et de toutes les places financières du monde au premier titre desquelles celle de Wall Street. D’abord financière, la crise se propage rapidement à l’économie réelle avec pour corollaire l’effondrement de l’immobilier aux USA, le tarissement du crédit, la perte de confiance dans le système bancaire, la multiplication des faillites bancaires et industrielles, la chute des cours des matières premières telles que le pétrole (baril renversé au centre du dessin) et finalement la progression continue du chômage. Malgré cette situation calamiteuse, certains profiteurs du système parviennent néanmoins à s’enrichir à l’exemple des dirigeants de grandes entreprises et des traders qui, en dépit de l’effondrement apparent du système, continuent de profiter des parachutes dorés et autres bonus jugés scandaleux par l’opinion publique.

 

Enfin, Pat Bagley souligne l’inefficacité de la politique de l’administration Bush en matière d’assistance aux sinistrés de la Nouvelle Orléans lors de l’inondation catastrophique consécutive au passage de l’ouragan Katrina en 2005.

 

 

 

 

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